vendredi 26 juin 2015

L'art de se compliquer la vie.

Ce 24 juin, mes filles ont eu 9 mois, déjà.
Mes filles?
Et bien oui, j'en ai deux, des jumelles.
Oh my God me direz-vous? J'ai pensé la même chose lorsque l'on m'a annoncé : "Madame, je vois deux poches".
La terre s'est écroulée sous mes pieds, j'ai commencé à paniquer, transpirer, rougir de stress à l'idée d'imaginer ma vie 9 mois plus tard... 2 bébés?
La Gynéco, du moins l'assistante était aux anges, c'était la première grossesse gémellaire qu'elle décelait, moi, n'en parlons pas j'étais morte.

Comment allais-je l'annoncer à mon homme, je ne savais pas comment réagir, j'étais perdue.
De 1 passer à 3, tout ce que je ne voulais pas.
Moi, une maman de famille nombreuse à la tête d'une marmaille qui hurle, qui saute partout, non, impossible! Je n'étais pas de ces filles-là, je n'aurais pas le courage d'assumer tout ça, des milliers de biberons, de couches, 2 repas, 2 panades de fruits, 2 bains par jour et les nuits!!!!! Déjà les nuits avec mon premier étaient inexistantes alors avec 2 enfants en même temps nous allions dormir combien de temps, 32 min sur une nuit?




Mon homme n'y croyait pas mais il l'a bien pris, pour lui, c'était un cadeau de la vie, certes, il savait que ce ne serait pas facile mais des jumeaux, quel cadeau!

Ce discours ne m'a pas apaisée, j'ai continué à regretter ce cadeau empoisonné, de plus pendant 8 mois j'ai vomi mes tripes, double d'hormones, ma veine!
Mon fils est tombé gravement malade et je n'ai pas pu vraiment me focaliser sur ces poupées qui grandissaient en moi.
Et pour me faciliter la tâche, ma jumelle numéro 1 (et oui, quand vous attendez des jumeaux, votre gynéco surnomme vos bébés j1 et j2, tout en délicatesse) avait un retard important de croissance.

Bref, une grossesse tout en douceur que je n'ai pas particulièrement apprécié.
Mon ventre était lourd, leurs gestes me faisaient mal...

Je pensais me rattraper sur mon accouchement, que neni!
Ma première jumelle a décidé de se positionner en siège au 7ème mois.
Adieu accouchement par voie basse, la césarienne était inévitable, beurk!

Et puis même la date prévue n'était pas pour moi, ma tension était mauvaise, j'attrape une paralysie faciale, je fais une pré-éclampsie, césarienne d'urgence.

Et là, j'apprends que mes petites doivent être embarquées dans un autre hôpital, la jumelle 1 ne fait que 1kg590 et la jumelle 2 présente des faiblesses respiratoires, un matériel plus perfectionné est nécessaire, elles iront donc en soins intensifs de la néonatalogie.
Je suis transférée également auprès d'elles mais je ne garde pas un bon souvenir de cette maternité, personnel peu sympa, je suis seule toute la journée (mon mari bosse et doit s'occuper de mon fils), mon fils me manque cruellement, je n'ai pas mes filles en chambre, ma paralysie faciale me déprime, je souffre de ma cicatrice, je n'arrive pas à construire ce lien avec mes filles à travers ces hublots de couveuses en néonat et ça m'angoisse terriblement.

Après 7 jours, je rentre à la maison sans mes filles, mon fils m'en veut de l'avoir "abandonné", grosse déprime.

Un mois durant, nous faisons les allers-retours en néonat, une seule chose nous importe, qu'elles rentrent à la maison.

Et là, quand elles reviennent c'est un monde qui change, notre monde à 3 devient un monde avec 2 petits êtres en plus...


Crédit photo: https://www.pinterest.com/shannonrae5/


Mais ça c'est tout autre chose... ;)


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